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Projet de résolution I
Déclaration politique
L’Assemblée générale, Adopte la déclaration politique qui figure en annexe à la présente résolution’
Annexe Déclaration politique
Nous, gouvernements participant à la session extraordinaire de l’Assemblée générale,
À l’aube du nouveau millénaire, nous, gouvernements,
Programme d’action de Beijing et 20 ans après celle des Stratégies prospectives d’action de Nairobi; de bâtir des sociétés dans lesquelles les hommes et les femmes pourront préparer ensemble l’avènement au XXIe siècle d’un monde d’égalité, de développement et de paix pour tous’
Projet de résolution II
Nouvelles mesures et initiatives pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing
L’Assemblée générale Adopte les nouvelles mesures et initiatives pour la mise en oeuvre de la Déclaration5 et du Programme d’action de Beijing6 qui figurent en annexe à la présente résolution’
Annexe Nouvelles mesures et initiatives pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing
I. Introduction
1. Les gouvernements réunis pour la session extraordinaire de l’Assemblée générale ont réaffirmé leur attachement aux buts et objectifs inscrits dans la Déclaration et le Programme d’action de Beijing adoptés à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes en 1995, tels qu’ils figurent dans le rapport de la Conférence. La Déclaration et le Programme d’action ont fixé comme objectifs l’égalité entre les sexes, le développement et la paix, et visent à renforcer le pouvoir d’action des femmes’
Les gouvernements ont examiné et évalué les progrès réalisés et ont défini les obstacles et les difficultés actuelles rencontrés dans l’exécution du Programme d’action’
Ils ont reconnu que les objectifs définis et les engagements pris n’ont pas été pleinement appliqués et tenus et ils ont défini les mesures et initiatives qui doivent encore être prises aux niveaux local, national, régional et international pour accélérer l’exécution du Programme d’action et pour que les engagements en faveur de l’égalité entre les sexes, du développement et de la paix soient pleinement tenus’
De nombreuses femmes sont aussi particulièrement touchées par les catastrophes écologiques, les maladies graves et infectieuses et diverses formes de violence à l’égard des femmes’
II. Bilan de l’application des 12 domaines critiques du Programme d’action
6. Le bilan de l’application doit être fonction des engagements pris aux termes du Programme d’action de Beijing et de ses 12 domaines critiques, c’est-à-dire qu’il faut examiner les mesures et les résultats dont font état les rapports nationaux ainsi que les rapports du Secrétaire général, les résultats, conclusions et accords auxquels sont parvenus les cinq réunions régionales tenues en prévision de la session extraordinaire de l’Assemblée générale et d’autres sources d’information pertinentes’ Il ressort de ce bilan que, tout en constatant que des progrès importants ont été accomplis, des obstacles doivent être surmontés et de nouvelles mesures doivent être prises pour atteindre les objectifs et concrétiser les engagements de Beijing. La récapitulation des réalisations et des obstacles persistants ou nouveaux peut donc constituer un cadre général pour la définition des mesures et initiatives qui doivent encore être prises pour surmonter les obstacles et assurer l’application intégrale et accélérée du Programme d’action à tous les niveaux et dans tous les domaines’
A. Les femmes et la pauvreté
7. Réalisations :
Des progrès considérables ont permis de davantage reconnaître que la pauvreté a des dimensions sexospécifiques et que l’égalité des sexes est l’un des facteurs spécifiquement importants pour éliminer la pauvreté, eu égard en particulier à la féminisation de celle-ci. Les gouvernements, en coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG), ont fait des efforts pour intégrer systématiquement une perspective sexospécifique dans les politiques et programmes de lutte contre la pauvreté. Les institutions financières multilatérales, internationales et régionales, s’emploient elles aussi davantage à incorporer des critères de sexe dans leurs politiques’ L’approche différenciée continue à gagner du terrain, qu’il s’agisse de la promotion de l’emploi et du travail rémunéré des femmes ou de l’accès aux services sociaux de base, notamment à l’éducation et aux soins de santé. Le micro crédit et autres instruments financiers en faveur des femmes se sont révélés d’excellents outils pour renforcer le pouvoir d’action économique des femmes et ont élargi les possibilités économiques de certaines femmes vivant dans des conditions de pauvreté, en particulier dans les zones rurales’ L’élaboration des politiques a tenu compte des besoins particuliers des familles dirigées par une femme. La recherche a permis de mieux comprendre les répercussions différentes de la pauvreté sur les femmes et sur les hommes et des outils ont été mis au point pour contribuer à ces analyses’
8. Obstacles :
De nombreux facteurs ont contribué à accentuer l’inégalité économique entre les femmes et les hommes, notamment l’inégalité des revenus, le chômage et la paupérisation des groupes les plus vulnérables et marginalisés’ Le fardeau de la dette, les dépenses militaires excessives, hors proportion avec les besoins de la sécurité nationale, les mesures coercitives unilatérales non conformes au droit international et à la Charte des Nations Unies, les conflits armés, l’occupation étrangère, le terrorisme, les faibles niveaux de l’aide publique au développement et le non-respect des engagements pris pour atteindre l’objectif internationalement convenu de 0,7 % du produit national brut des pays développés pour l’ensemble de l’aide publique au développement et de 0,15 % à 0,2 % pour celle destinée aux pays les moins avancés, ainsi que le manque d’efficacité dans l’utilisation des ressources, entre autres facteurs, peuvent faire obstacle aux efforts nationaux de lutte contre la pauvreté.
De plus, les inégalités entre hommes et femmes et les disparités entre les sexes dans le partage du pouvoir économique, la répartition inégale du travail non rémunéré entre les femmes et les hommes, l’absence de soutien technologique et financier pour les initiatives productives des femmes, l’inégalité d’accès et de contrôle concernant le capital, en particulier la terre, le crédit et l’accès aux marchés du travail, de même que les pratiques traditionnelles et coutumières néfastes, ont entravé le renforcement du pouvoir d’action économique des femmes et aggravé la féminisation de la pauvreté. La restructuration fondamentale de l’économie des pays en transition a entraîné une pénurie de ressources pour les programmes de lutte contre la pauvreté visant à renforcer le pouvoir d’action des femmes’
B. Éducation et formation des femmes
9. Réalisations :
On se rend mieux compte que l’éducation est l’un des moyens les plus précieux pour parvenir à l’égalité des sexes et au renforcement du pouvoir d’action des femmes’ Un certain nombre d’avancées ont été réalisées à tous les niveaux en matière d’éducation et de formation des femmes et des filles, en particulier là où il y a eu une véritable volonté politique et où les ressources dégagées ont été suffisantes’ Des mesures ont été prises un peu partout dans le monde pour mettre sur pied des systèmes d’enseignement et de formation alternatifs qui permettent d’encourager les femmes et les filles des communautés autochtones et autres groupes défavorisés et marginaux à suivre toutes les filières d’études, en particulier les filières non traditionnelles, et d’éliminer les préjugés sexistes dans le secteur de l’éducation et de la formation’
10. Obstacles :
Dans certains pays, un certain nombre de facteurs sont venus entraver les efforts déployés pour faire reculer l’analphabétisme chez les femmes et les filles et favoriser leur accès à tous les niveaux et types d’éducation : le manque de volonté politique et de ressources, qui a fait obstacle à l’amélioration des infrastructures éducatives et aux réformes de l’enseignement; la persistance de la discrimination sexuelle et des préjugés sexistes, notamment en ce qui concerne la formation des enseignants; la répartition stéréotypée des rôles et des fonctions dans les écoles, les établissements d’enseignement supérieur et les collectivités; l’absence de structures d’accueil pour les enfants; la pérennité des stéréotypes sexistes dans le matériel pédagogique; et la méconnaissance du lien qui existe entre la présence des femmes dans les établissements d’enseignement supérieur et le dynamisme du marché du travail’ L’éloignement de certaines collectivités et, dans certains cas, l’insuffisance des traitements et des prestations sociales accordés aux enseignants font qu’il leur est difficile de recruter et de garder des enseignants de métier, ce qui peut avoir un effet préjudiciable sur la qualité de l’enseignement qui y est dispensé.
De plus, dans un certain nombre de pays, les obstacles économiques, sociaux et infrastructurels, ainsi que les pratiques discriminatoires traditionnelles, ont contribué à ce que les filles sont moins scolarisées que les garçons et plus nombreuses à abandonner leurs études’ Peu de progrès ont été réalisés dans l’élimination de l’analphabétisme, ce qui aggrave l’inégalité des femmes dans les domaines économique, social et politique. Dans certains de ces pays, la conception et l’application inappropriées des politiques d’ajustement structurel ont eu des effets particulièrement néfastes sur le secteur éducatif en entraînant un recul des investissements dans l’infrastructure de l’enseignement.
C’ Les femmes et la santé
11. Réalisations :
Des programmes ont été mis en oeuvre en vue de rendre les décideurs et les planificateurs conscients de la nécessité d’adopter des programmes de santé portant sur tous les aspects de la santé des femmes tout au long de leur cycle de vie, et ces programmes ont contribué à accroître l’espérance de vie dans de nombreux pays’ Retiennent davantage l’attention les taux élevés de mortalité chez les femmes et les filles dus au paludisme, à la tuberculose, aux maladies d’origine hydrique, aux maladies transmissibles, aux maladies diarrhéiques et à la malnutrition; on porte une attention accrue à l’hygiène sexuelle et à la santé en matière de reproduction ainsi qu’aux droits en matière de reproduction des femmes tels qu’ils sont énoncés aux paragraphes 94 et 95 du Programme d’action et, dans certains pays, on insiste davantage sur l’application du paragraphe 96; on connaît mieux et on fait un plus grand usage de la planification familiale et des méthodes contraceptives, et les hommes ont davantage conscience de leurs responsabilités concernant la planification familiale, les méthodes contraceptives et leur utilisation; on se préoccupe davantage des infections sexuellement transmissibles, y compris de l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine/syndrome de l’immunodéficience acquise (VIH/sida) chez les femmes et les filles, ainsi que des méthodes de protection contre de telles infections; on accorde une plus grande attention à l’allaitement maternel, à la nutrition et à la santé des nourrissons et des mères; une perspective sexospécifique a été inscrite dans les activités éducatives et physiques relatives à la santé et aux problèmes qui s’y rattachent et des efforts sont faits pour prévenir l’abus de certaines substances par les femmes, notamment du tabac, des drogues et de l’alcool, et des programmes de réinsertion ont été adoptés; une attention plus soutenue est accord ée à la santé mentale des femmes, aux conditions sanitaires sur le lieu de travail et aux considérations d’ordre environnemental, et on a pris davantage conscience des besoins particuliers des femmes âgées en matière de santé. L’Assemblée générale, à sa vingt et unième session extraordinaire, tenue à New York du 30 juin au 2 juillet 1999, a fait le point des résultats obtenus et a adopté des mesures essentielles7 dans le domaine de la santé des femmes pour donner suite au Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD).
12. Obstacles :
L’écart qui existe dans le monde entier entre pays riches et pays pauvres, et à l’intérieur de ces pays, demeure inacceptable en ce qui concerne les taux de mortalité et de morbidité maternelles et infantiles et les mesures qui concernent la santé des femmes et des filles, lesquelles sont particulièrement vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, y compris l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine/syndrome de l’immunodéficience acquise (VIH/sida) et autres problèmes d’hygiène sexuelle et de santé en matière de reproduction, ainsi qu’aux maladies endémiques, infectieuses et contagieuses telles que le paludisme, la tuberculose, les maladies diarrhéiques et les maladies d’origine hydrique, et aux maladies chroniques non transmissibles’ Dans certains pays, les maladies endémiques, infectieuses et contagieuses continuent à faire des victimes parmi les femmes et les filles’ Dans d’autres pays les maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires et pulmonaires, l’hypertension et les maladies dégénératives demeurent parmi les principales causes de mortalité et de morbidité chez les femmes’
Des progrès ont été réalisés dans certains pays, mais les taux de mortalité et de morbidité maternelles demeurent inacceptables dans la plupart des pays’ De nombreux pays n’investissent pas suffisamment de ressources dans les soins obstétriques de première nécessité. Les progrès ont été ralentis par l’absence d’une approche globale en matière de santé et de services de santé concernant les femmes et les filles, qui soit fondée sur leur droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible tout au long de leur cycle de vie. Certaines femmes continuent d’être privées de leur droit de jouir d’un niveau de santé physique et mentale aussi élevé que possible. La tendance générale des systèmes de santé à traiter la maladie plutôt qu’à maintenir un état de santé optimal va à l’encontre d’une approche globale. Il existe dans certains pays une méconnaissance des paramètres économiques et sociaux de la santé. Un manque d’accès à l’eau salubre, à une nutrition adéquate et à des conditions d’hygiène convenables, l’absence de recherches et de technologies sanitaires sexospécifiques, une orientation sexospécifique insuffisante des informations sanitaires et des soins/services de santé, y compris en ce qui concerne les risques pour la santé liés à l’environnement et au travail, sont autant de problèmes qui touchent les femmes des pays en développement et des pays développés’ La pauvret é et l’absence de développement continuent d’empêcher de nombreux pays en développement d’assurer des soins de santé de bonne qualité. La pénurie de ressources financières et humaines, en particulier dans les pays en développement, ainsi que la restructuration du secteur sanitaire et/ou la tendance croissante à la privatisation des services de santé dans certains cas ont fait que les services de santé sont devenus insuffisants, limités et de mauvaise qualité et ont provoqué un relâchement de l’attention accordée à la santé des groupes de femmes les plus vulnérables’ Des obstacles tels que, par exemple, la position de faiblesse des femmes dans leurs relations avec les hommes, où les femmes ne sont pas toujours à même d’exiger des rapports sexuels responsables et sans risques, et le manque de communication et de compréhension entre hommes et femmes au sujet des besoins des femmes sur le plan de la santé sont des facteurs qui compromettent la santé des femmes en les rendant plus vulnérables aux infections sexuellement transmissibles, notamment l’infection par le VIH/sida, et leur rendent plus difficile l’accès aux soins et à l’éducation sanitaire, notamment en ce qui concerne la prévention’ Les adolescents, et plus particulièrement les filles, continuent de ne pas avoir un accès suffisant à l’information, à l’instruction et aux services concernant l’hygiène sexuelle et la santé en matière de reproduction’ Quand elles reçoivent des soins, les femmes ne sont pas toujours traitées avec le respect et la confidentialité nécessaires, ni avec les égards dus à leur vie privée, et elles ne sont pas pleinement informées des options et services offerts’
Dans bien des cas, les professionnels de la santé continuent à ne pas appliquer les principes de l’éthique médicale et professionnelle lorsqu’ils soignent les femmes et à ne pas tenir compte des besoins qui leur sont propres, ne respectent souvent pas leurs droits fondamentaux et ne s’assurent pas de leur consentement responsable, volontaire et informé. Les femmes continuent à manquer d’informations sur l’existence de soins et services de santé appropriés, financièrement abordables et de bonne qualité et sur les possibilités d’accès à ces soins et services, y compris dans le domaine de l’hygiène sexuelle et de la santé en matière de reproduction, des soins maternels et des soins obstétriques d’urgence, et la prévention, le dépistage et le traitement des cancers du sein, du col de l’utérus et des ovaires ainsi que de l’ostéoporose, restent insuffisants’ Les essais et la mise au point de contraceptifs masculins restent insuffisants également. Si des mesures ont été prises dans certains pays, les actions visées aux paragraphes 106 j) et 106 k) du Programme d’action, concernant l’impact sur la santé de l’avortement réalisé dans des conditions dangereuses et la nécessité de réduire le recours à l’avortement, n’ont pas été pleinement réalisées’ L’usage croissant du tabac chez les femmes, en particulier les femmes jeunes, a augmenté les risques de cancer et d’autres maladies graves ainsi que les risques sexospécifiques du tabagisme actif et passif.
D’ Violence à l’égard des femmes
13. Réalisations :
Il est largement admis que la violence à l’égard des femmes et des filles, dans la vie publique comme dans la vie privée, est une question qui concerne le respect des droits fondamentaux de l’être humain’ Il est admis que la violence à l’égard des femmes, lorsqu’elle est perpétrée ou tolérée par l’État ou ses représentants, constitue une violation des droits fondamentaux de l’être humain’ Il est également admis que les États sont tenus de faire preuve de vigilance pour prévenir, instruire et réprimer les actes de violence, que ceux-ci soient perpétrés par l’État ou par des particuliers, et de fournir une protection aux victimes’ Il est de plus en plus reconnu qu’il faut s’employer à prévenir et combattre, notamment en améliorant les lois, les politiques et les programmes, la violence contre les femmes et les filles, y compris la violence dans la famille, qui porte atteinte à leurs libertés et droits fondamentaux et les empêche, partiellement ou totalement, de les exercer.
Pour lutter contre la violence, les gouvernements ont engagé des réformes et mis en place des mécanismes tels que des commissions interministérielles, des directives et protocoles et des programmes nationaux, multidisciplinaires et coordonnés’ Certains ont également adopté des lois ou réformé les lois en vigueur afin de protéger les femmes et les filles contre toutes les formes de violence et de poursuivre les auteurs de ces actes’ Il est de plus en plus admis, à tous les niveaux, que la violence, sous toutes ses formes, affecte gravement la santé des femmes’ Les prestataires de soins de santé sont considérés comme ayant un rôle important à jouer dans ce domaine.
Des progrès ont été réalisés en ce qui concerne les services destinés aux femmes et aux enfants maltraités, y compris des services juridiques, des centres d’accueil, des services de soins spéciaux, des conseils, des permanences téléphoniques et des unités de police spécialement formées’ La mise en place de services de formation à ces questions à l’intention des agents de la force publique, des membres de l’appareil judiciaire, des prestataires de soins de santé et des travailleurs sociaux est encouragée. Des matériels d’enseignement à l’intention des femmes ont été mis au point, des campagnes de sensibilisation du public ont été organisées et des recherches ont été entreprises sur les causes profondes de la violence. De plus en plus, des recherches et des études spécialisées sont consacrées au rôle des deux sexes, en particulier à celui des hommes et des garçons, à toutes les formes de violence contre les femmes, ainsi qu’à la situation des enfants élevés dans des familles où règne la violence et aux conséquences qui en découlent pour eux. Les organismes publics et les organisations non gouvernementales collaborent avec succès dans le domaine de la prévention de la violence contre les femmes’ Le soutien actif de la société civile, en particulier les associations de femmes et les organisations non gouvernementales, ont joué un rôle important, notamment pour ce qui est de promouvoir les campagnes de sensibilisation et d’assurer des services d’appui aux femmes victimes de la violence.
Les efforts visant à mettre fin aux pratiques traditionnelles néfastes, notamment les mutilations génitales féminines qui constituent une forme de violence contre les femmes, ont été cautionnés aux niveaux national, régional et international’
De nombreux gouvernements ont mis en oeuvre des programmes d’éducation et de vulgarisation ainsi que des mesures législatives condamnant ces pratiques’ De plus, au titre de cet appui, le Fonds des Nations Unies pour la population a nommé une ambassadrice spéciale chargée de promouvoir l’élimination de la pratique des mutilations génitales féminines’
14. Obstacles :
Les femmes continuent d’être victimes de diverses formes de violence.
Le défaut de compréhension des causes profondes de la violence sous toutes n0054662.doc 13 A/S-23/10/Rev.1 ses formes à l’encontre des femmes et des filles entrave les efforts visant à éliminer cette violence. Il n’existe pas suffisamment de programmes globaux qui s’occupent des auteurs d’actes de violence à l’égard des femmes, y compris des programmes qui leur permettraient, le cas échéant, de résoudre les problèmes de manière pacifique.
L’insuffisance des données sur la violence entrave, qui plus est, l’adoption de politiques éclairées et la réalisation d’analyses bien étayées’ Les comportements socioculturels discriminatoires et les inégalités économiques accentuent la place subalterne des femmes dans la société. Cette situation rend les femmes et les filles vulnérables à de nombreuses formes de violence, telles que les violences physiques, sexuelles et psychologiques existant dans la famille, y compris la violence au foyer, les sévices sexuels contre les petites filles dans le foyer, la violence liée à la dot, le viol conjugal, les mutilations génitales de la femme et autres pratiques traditionnelles dangereuses pour les femmes, la violence non conjugale et la violence liée à l’exploitation’ Dans beaucoup de pays, il n’existe toujours pas d’approche multidisciplinaire coordonnée de la lutte contre la violence qui fasse intervenir le système sanitaire, le lieu de travail, les médias, le système éducatif et l’appareil judiciaire.
La violence au foyer, notamment la violence sexuelle entre conjoints, est toujours considérée dans certains pays comme une affaire privée. La sensibilisation aux conséquences de la violence au foyer, aux moyens de la prévenir et aux droits des victimes reste insuffisante. Bien qu’il y ait eu des améliorations, les mesures juridiques et législatives, notamment d’ordre pénal, visant à éliminer les diverses formes de violence à l’égard des femmes et des enfants, y compris la violence au foyer et la pédopornographie, manquent de fermeté dans de nombreux pays’ Les stratégies de prévention restent fragmentaires et défensives, et les programmes sont trop peu nombreux dans ce domaine. Il est également noté que, dans certains pays, des problèmes sont nés de l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication aux fins de la traite des femmes et des enfants ainsi que de l’exploitation économique et sexuelle.
E. Les femmes et les conflits armés
15. Réalisations’
On a de plus en plus conscience que les conflits armés ont des effets destructeurs qui ne sont pas les mêmes pour les femmes et les hommes et que les instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et le droit international humanitaire doivent être appliqués en tenant compte des différences entre les sexes’
Des mesures ont été prises aux niveaux national et international pour lutter contre la violence à l’égard des femmes, notamment en accordant une attention accrue à la nécessité de mettre un terme à l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes commis contre les femmes en période de conflit armé. Les travaux du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie et du Tribunal pénal international pour le Rwanda contribuent beaucoup à la lutte contre la violence à l’égard des femmes pendant les conflits armés’ L’adoption du Statut de la Cour pénale internationale9, qui fait du viol, de l’esclavage sexuel, de la prostitution forcée, des grossesses forcées, de la stérilisation forcée et d’autres formes de violence sexuelle des crimes de guerre lorsqu’ils sont commis dans des situations de conflit armé et aussi, dans des circonstances bien précises, des crimes contre l’humanité, est un événement d’importance historique. La contribution des femmes à la consolidation et au maintien de la paix ainsi qu’au règlement des conflits est de plus en plus reconnue. Des programmes d’éducation et de formation au règlement non violent des conflits ont été mis en place. Des progrès ont été accomplis dans la diffusion et l’application des directives relatives à la protection des réfugiées, ainsi que dans la satisfaction des besoins des femmes déplacées’ Certains pays considèrent la persécution fondée sur le sexe comme un motif recevable pour l’octroi du statut de réfugié. Les gouvernements, la communauté internationale et certaines organisations, en particulier l’Organisation des Nations Unies, ont conscience que les femmes et les hommes vivent différemment les situations d’urgence humanitaire et qu’il faut apporter une aide plus globale aux femmes réfugiées et déplacées, notamment à celles qui ont été victimes de toute forme de sévices, en particulier en raison de leur sexe, afin de leur garantir un accès égal à une alimentation et à une nutrition appropriées et suffisantes, à l’eau potable, à des services d’assainissement fiables, au logement, à l’éducation, aux services sociaux et aux services de santé, y compris aux soins de santé en matière de reproduction et de maternité. On a davantage conscience qu’il faut tenir compte de la différence entre les sexes dans la planification, la conception et l’apport de l’aide humanitaire et fournir des ressources adéquates’ Les organismes humanitaires et la société civile, en particulier les organisations non gouvernementales, jouent un rôle de plus en plus important dans la fourniture de l’aide humanitaire ainsi que, si besoin est, dans la conception et l’exécution de programmes visant à répondre aux besoins des femmes et des filles, notamment lorsque celles-ci sont réfugiées ou déplacées dans des situations d’urgence humanitaire, et dans des situations de conflit et d’après conflit.
16. Obstacles’
La paix est indissolublement liée à l’égalité entre les femmes et les hommes et au développement. Les conflits armés et autres types de conflit, les guerres d’agression, l’occupation étrangère, la domination coloniale ou d’autres types de domination étrangère, de même que le terrorisme, constituent toujours de graves obstacles à la promotion de la femme. Le ciblage de civils, notamment des femmes et des enfants, les déplacements forcés de populations et le recrutement d’enfants soldats, en violation du droit national ou international, par l’État et/ou d’autres acteurs, qui se produisent dans les conflits armés, ont eu des conséquences particulièrement préjudiciables sur l’égalité entre les sexes et les droits fondamentaux des femmes’ Les conflits armés ont pour conséquence de créer un nombre élevé de familles dirigées par est une femme, qui vivent souvent dans la misère, ou d’aggraver ce phénomène. La sous-représentation, à tous les niveaux, des femmes aux postes de décision, notamment aux fonctions d’envoyé spécial ou de représentant spécial du Secrétaire général dans, dans les domaines du maintien de la paix, de la consolidation de la paix, de la réconciliation et de la reconstruction après les conflits, de même que l’absence de souci d’équité entre les sexes dans ces domaines, constituent de graves obstacles’ Il n’a pas été fourni de ressources suffisantes pour répondre aux besoins d’un nombre croissant de réfugiés, pour la plupart des femmes et des enfants, en particulier dans les pays en développement accueillant de nombreux réfugiés, et les ressources fournies n’ont pas été réparties de manière appropriée.
L’assistance internationale a été insuffisante par rapport au nombre croissant de réfugiés’ Le nombre croissant de personnes déplacées et la satisfaction de leurs besoins, en particulier ceux des femmes et des enfants, continuent à faire peser une double charge sur les pays affectés et leurs ressources financières’ Le manque de formation du personnel chargé de répondre aux besoins des femmes dans les situations de conflit armé ou réfugiées, du fait de l’absence de programmes spécifiques de formation personnelle et de rééducation des femmes victimes de traumatismes, demeure un problème.
F. Les femmes et l’économie
20. Réalisations’
Les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail et acquièrent par conséquent une autonomie financière croissante. Certains gouvernements ont introduit une série de mesures pour protéger les droits économiques et sociaux des femmes, l’égalité d’accès aux ressources économiques, l’égalité de contrôle sur ces ressources et l’égalité d’emploi. Ils ont également ratifié les conventions internationales du travail et adopté de nouvelles lois ou renforcé les lois existantes afin de mettre leur législation en conformité avec ces conventions’ On est de plus en plus sensible à la nécessité de permettre aux personnes qui travaillent de concilier emploi et responsabilités familiales et aux effets positifs de mesures telles que le congé de maternité et de paternité, les allocations familiales et prestations pour enfants à charge et les services de garde d’enfants’ Certains gouvernements ont pris des mesures pour lutter contre les pratiques discriminatoires et abusives sur les lieux de travail et garantir l’hygiène du travail, et ont mis en place des mécanismes de financement pour promouvoir le rôle des femmes dans la création d’entreprise, dans l’éducation et dans la formation, y compris s’agissant des compétences scientifiques et techniques, et dans la prise de décisions’ Des études ont été faites pour analyser les facteurs qui entravent l’émancipation économique des femmes notamment le rapport existant entre travail rémunéré et le travail non rémunéré, et de nouveaux outils sont mis au point pour affiner ces analyses’
21. Obstacles’
L’importance de l’intégration d’une approche sexospécifique lors de l’élaboration des politiques macroéconomiques n’est toujours pas largement admise.
De nombreuses femmes travaillent encore dans les zones rurales et le secteur informel de l’économie où elles assurent une production de subsistance, et dans le secteur des services avec de faibles revenus et peu de garanties en matière d’emploi ou de sécurité sociale. Nombre de femmes, à qualifications et expérience comparables, ont un salaire inférieur à celui des hommes, et ont des revenus moins élevés et des promotions moins rapides que les hommes dans le secteur structuré. L’objectif d’un salaire égal pour les femmes et les hommes effectuant un travail égal, ou un travail de valeur égale, n’a pas encore été pleinement réalisé. La discrimination exercée lors du recrutement et des promotions, pour cause de grossesse y compris en exigeant des tests de grossesse de même que le harcèlement sexuel sur le lieu de travail, persistent. Dans certains pays, la législation nationale ne reconnaît toujours pas pleinement aux femmes, sur un pied d’égalité avec les hommes, le droit de posséder des terres et d’autres biens, y compris par le biais du droit d’héritage. Dans la plupart des cas, l’avancement dans la profession reste plus difficile pour les femmes en raison du manque de structures et de mesures tenant compte de la maternité et des responsabilités familiales’ Dans certains cas, les stéréotypes persistants concernant le rôle des sexes ont eu pour effet d’affaiblir le statut des travailleurs qui ont des enfants et de ne pas encourager suffisamment les hommes à concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales’ L’absence de politiques concernant l’organisation du travail qui soient favorables à la famille aggrave ces difficultés’ La législation n’est toujours pas appliquée avec assez d’efficacité et les systèmes d’appui concrets demeurent insuffisants’ Exercer une activité rémunérée tout en s’occupant des autres membres de la famille, des ménages et des communautés continuera de faire peser sur les femmes un fardeau disproportionné tant qu’il n’y a pas une prise en charge suffisante des tâches et des responsabilités de la part des hommes’ Par ailleurs, ce sont toujours les femmes qui font la plus grande partie du travail non rémunéré.
G. Les femmes et la prise de décisions
22. Réalisations’
On reconnaît de plus en plus l’importance pour la société d’une pleine participation des femmes à la prise de décisions et à l’exercice du pouvoir à tous les niveaux et dans toutes les instances, y compris les secteurs intergouvernemental, gouvernemental et non gouvernemental’ Dans certains pays, des femmes ont accédé à des postes élevés dans ces domaines’ Les pays sont de plus en plus nombreux à adopter des politiques visant à faire progresser la condition de la femme : quotas et accords volontaires, programmes de formation des femmes aux postes de responsabilité, mesures qui permettent aux femmes et aux hommes de concilier obligations professionnelles et vie familiale. Les mécanismes nationaux de promotion de la femme ainsi que les réseaux nationaux et internationaux de femmes politiques, parlementaires, militantes et cadres dans divers domaines ont été établis ou renforcés’
23. Obstacles’
Bien que personne ou presque ne conteste la nécessité d’instaurer la parité hommes-femmes dans les organes de décision à tous les niveaux, l’écart entre les principes et les faits n’a pas disparu’ Malgré des améliorations considérables de l’égalité de jure entre les femmes et les hommes, la représentation effective des femmes aux niveaux nationaux et internationaux les plus élevés de la prise de décisions n’a pratiquement pas changé depuis la quatrième Conférence mondiale sur les femmes en 1995 et la participation limitée des femmes aux organes de décision dans tous les domaines, notamment dans les domaines de la politique, de la prévention et du règlement des conflits, de l’économie, de l’environnement et des médias, entrave l’avènement de la parité dans ces sphères d’influence critiques’ Les femmes continuent d’être sous-représentées parmi les parlementaires, les ministres et les vice ministres, ainsi qu’aux échelons les plus élevés des entreprises d’autres institutions sociales et économiques’ La division sexuelle des rôles héritée du passé restreint les choix des femmes en matière d’éducation et de carrière, et les oblige à assumer le fardeau des tâches et responsabilités domestiques’ Les initiatives et programmes en faveur de la participation accrue des femmes à la prise de décisions sont entravés par un certain nombre de facteurs : les activités de formation et d’encouragement des carrières politiques manquant de moyens financiers et humains; l’absence d’optiques non sexistes à l’égard des femmes dans la société, dans certains cas une sensibilisation insuffisante des femmes à leurs possibilités de participation à la prise de décisions; les élus et les partis politiques se dispensant de rendre compte de leur action en faveur de l’égalité entre les sexes et de la participation des femmes à la vie publique; le manque de sensibilisation du public à l’importance d’une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans la prise des décisions; la réticence des hommes à partager le pouvoir; l’insuffisance du dialogue et de la coopération avec les ONG féminines et l’absence de structures organisationnelles et politiques permettant une plus grande participation des femmes dans tous les secteurs de prise de décisions politiques’
H. Mécanismes nationaux de promotion des femmes
24. Réalisations’
Des mécanismes nationaux ont été institués ou renforcés et reconnus en tant que base institutionnelle jouant le rôle de « catalyseur » dans la promotion de l’égalité entre les sexes, l’intégration d’une perspective sexospécifique et le suivi de l’application du Programme d’action et, dans de nombreux cas, de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes10. Dans de nombreux pays, ces mécanismes nationaux ont renforcé leur présence et leur statut et ont pu mieux vulgariser et coordonner leurs activités’
L’intégration d’une perspective sexospécifique a été largement adoptée comme stratégie pour renforcer l’impact des politiques traditionnelles visant à promouvoir l’égalité entre les sexes’ L’objectif de cette stratégie consiste à incorporer une perspective sexospécifique dans toutes les lois et politiques et tous les programmes et projets’ Malgré leurs ressources financières limitées, les mécanismes nationaux ont notablement contribué à la mise en valeur des ressources humaines dans le domaine des études sur la parité comme ils ont contribué à l’établissement et à la diffusion de données ventilées par sexe et par âge, à la réalisation de recherches sexospécifiques et à la diffusion de leurs résultats et à l’établissement et à la diffusion de documents sur les sexospécificités’ Au sein du système des Nations Unies, l’intégration d’une perspective sexospécifique dans les programmes a beaucoup progressé, notamment grâce à la mise au point d’outils et à la mise en place de responsables des questions relatives aux femmes’
25. Obstacles’ Dans un certain nombre de pays, ces mécanismes nationaux se heurtent principalement à l’insuffisance des ressources financières et humaines et au manque de volonté politique. Ce problème est exacerbé par le fait que les structures gouvernementales n’ont pas une compréhension suffisante de l’égalité entre les sexes et de l’intégration d’une perspective sexospécifique, par la prévalence de stéréotypes sexistes, d’attitudes discriminatoires, de conflits de priorités gouvernementales et par le fait que, dans certains pays, les mécanismes nationaux ont des mandats imprécis et une place marginale dans les structures gouvernementales nationales, que les données ventilées par sexe et par âge manquent dans de nombreux domaines et que les méthodes d’évaluation des progrès sont insuffisamment utilisées, à quoi s’ajoute le manque de pouvoir et l’insuffisance des liens avec la société civile. Les activités de ces mécanismes nationaux sont par ailleurs entravées par des problèmes de structure et de communication au sein des organismes gouvernementaux et entre eux.
I. Droits fondamentaux des femmes
26. Réalisations’
On a procédé à des réformes juridiques visant à interdire toutes les formes de discrimination et on a éliminé des dispositions discriminatoires du droit civil, du droit pénal et du droit relatif au statut personnel qui régit les questions relatives au mariage, aux relations familiales, à toutes les formes de violence à l’égard des femmes, aux droits de propriété de ces dernières, à leurs droits politiques et à leur droit au travail et à l’emploi. Diverses mesures ont été adoptées pour que les femmes puissent jouir de facto de leurs droits fondamentaux : création d’un environnement favorable, grâce notamment à l’adoption de mesures à cet effet, renforcement des mécanismes d’exécution et de suivi et organisation de campagnes d’initiation et de sensibilisation au droit à tous les niveaux. Cent soixante-cinq pays ont ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes ou y ont adhéré, et le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes oeuvre en faveur de sa pleine application’ À sa cinquante quatrième session, l’Assemblée générale a adopté le Protocole facultatif se rapportant à la Convention11, qui permet aux femmes de soumettre auComité des plaintes en cas de violation par un État partie des droits protégés par la Convention, et les organisations non gouvernementales ont prêté leur concours en sensibilisant l’opinion publique et en la mobilisant en faveur de l’adoption de cet instrument. Les ONG de femmes ont de leur côté contribué à faire prendre conscience du fait que les droits des femmes sont les droits fondamentaux de l’individu et à susciter un appui en faveur de l’intégration d’une perspective sexospécifique dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Des progrès ont été également faits pour intégrer les droits fondamentaux des femmes et une perspective sexospécifique dans les travaux des organismes des Nations Unies, y compris ceux du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et de la Commission des droits de l’homme.
27. Obstacles’
La discrimination fondée sur le sexe et toutes les formes de discrimination, en particulier le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui lui est associée, continuent de compromettre la faculté des femmes d’exercer pleinement leurs libertés et leurs droits fondamentaux. Dans les cas de conflit armé et d’occupation étrangère, les droits fondamentaux des femmes sont violés massivement. Bien qu’un certain nombre de pays aient ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, l’objectif de la ratification universelle de la Convention en 2000 n’a pas été atteint et le nombre de réserves dont elle fait l’objet demeure élevé. Bien que la notion d’égalité entre les sexes soit de plus en plus largement acceptée, de nombreux pays n’ont toujours pas appliqué pleinement les dispositions de la Convention’ Les lois de caractère discriminatoire, les comportements traditionnels et coutumiers préjudiciables et les stéréotypes négatifs concernant les femmes et les hommes persistent. Les codes civils et pénaux, les codes de la famille, les codes du travail, les lois et codes commerciaux ou les règles et règlements administratifs n’ont pas encore pleinement adopté une perspective sexospécifique. Des lacunes dans les lois et réglementations et la non-application de ces dernières perpétuent une inégalité et une discrimination de fait et de droit; parfois même, de nouvelles lois discriminatoires à l’égard des femmes ont été adoptées’ Dans de nombreux pays, les femmes n’ont pas suffisamment accès au droit, faute d’instruction, de notions juridiques, d’informations et de ressources et en raison du manque de considération à leur égard, des préjugés et de la méconnaissance des droits fondamentaux des femmes dont font preuve les services de répression et le système judiciaire, qui trop souvent ne respectent pas les droits fondamentaux des femmes ni la dignité de la personne humaine. Les droits des femmes et des filles en matière de reproduction et les obstacles qui s’opposent au plein exercice de ces droits, dont certains sont définis au paragraphe 95 du Programme d’action de Beijing, ne sont pas suffisamment reconnus’ Il y a encore des femmes et des filles qui continuent d’être privées de voies de recours et de la pleine jouissance de leurs droits fondamentaux, ce pour des raisons tenant à la race, la langue, l’origine ethnique, la culture, la religion, l’invalidité et la situation socioéconomique ou à cause de leur statut d’autochtone, de migrante, de personne déplacée ou de réfugiée.
J. Les femmes et les médias
28. Réalisations’
La création de réseaux de médias constitués de femmes aux niveaux local, national et international a contribué à la diffusion d’informations, à des échanges de vues et au soutien d’associations de femmes actives dans le domaine des médias au niveau mondial’ Les progrès des techniques de l’information et de la communication, notamment d’Internet, ont amélioré les possibilités en matière de communication au service de la démarginalisation des femmes et des filles, ce qui a permis à un nombre croissant de femmes de contribuer à des échanges de connaissances, à des créations de réseaux et à des activités de commerce électronique. Le nombre d’associations de femmes journalistes et de programmes menés sous leur égide s’est accru, ce qui a permis à un plus grand nombre d’entre elles d’y participer et de projeter des images plus positives des femmes dans les médias’ L’adoption de directives professionnelles et de codes de conduite encourageant une représentation équitable des femmes et l’utilisation d’un langage non sexiste dans les programmes médiatiques ont permis de lutter contre les images défavorables qui sont données des femmes’
29. Obstacles’
Les images négatives, violentes ou dégradantes des femmes, y compris la pornographie et les représentations stéréotypées, se sont multipliées sous différentes formes faisant appel, dans certains cas, aux nouvelles techniques de communication, et les préjugés à l’encontre des femmes persistent dans les médias’
La pauvreté, le manque d’accès et de possibilités, l’analphabétisme, le manque de connaissances informatiques et les barrières linguistiques empêchent certaines femmes d’utiliser les technologies de l’information et de la communication, y compris Internet. L’accès à Internet et à son infrastructure est spécialement limité dans les pays en développement, en particulier pour les femmes’
K. Les femmes et l’environnement
30. Réalisations’
Un certain nombre de politiques et programmes nationaux en matière d’environnement ont pris en compte les sexospécificités’ Compte tenu de l’interaction entre l’égalité des sexes, l’élimination de la pauvreté, le développement durable et la protection de l’environnement, les gouvernements ont inclus des activités créatrices de revenus pour les femmes, ainsi qu’une formation à la gestion des ressources naturelles et à la protection de l’environnement dans leurs stratégies de développement. Des projets visent à préserver et à utiliser les connaissances traditionnelles des femmes notamment les connaissances écologiques des femmes autochtones, aux fins de la gestion des ressources naturelles, et de la préservation de la biodiversité.
31. Obstacles’
Le public n’a pas une conscience aiguë des risques liés à l’environnement qui touchent les femmes, ni non plus des avantages que présente la parité hommes-femmes pour la protection de l’environnement. L’accès restreint des femmes aux compétences, aux ressources et aux données techniques, en raison entre autres de l’inégalité entre les sexes, notamment dans les pays en développement, ont empêché les femmes de participer concrètement à la prise de décisions concernant l’environnement, y compris au niveau international’ La différenciation suivant le sexe de l’impact et des incidences des problèmes environnementaux n’a guère fait l’objet de travaux de recherche, de mesures, de stratégies centrées sur des objectifs précis, ni d’une grande prise de conscience de la part du public’ Pour trouver de véritables solutions aux problèmes environnementaux, y compris celui de la dégradation de l’environnement, il faut s’attaquer à leurs causes profondes, telles que l’occupation étrangère. Les politiques et programmes en matière d’environnement ne comportent pas une perspective sexospécifique et ne tiennent pas compte du rôle et de la contribution des femmes pour la viabilité de l’environnement.
L’ La petite fille
32. Réalisations’
Certains progrès ont été réalisés au niveau de l’enseignement primaire et, à moindre degré, de l’enseignement secondaire et de l’enseignement supérieur en faveur des filles, grâce à l’instauration de cadres scolaires tenant mieux compte des sexospécificités, à l’amélioration des infrastructures de l’enseignement, à l’augmentation des taux de scolarisation et à la baisse des taux d’abandon scolaire, à l’établissement de mécanismes d’aide aux adolescentes enceintes et aux mères adolescentes, au développement des possibilités en matière d’enseignement de type non scolaire et à l’orientation d’un plus grand nombre de filles vers des études scientifiques et techniques’ La santé des filles, notamment l’hygiène sexuelle et la santé en matière de reproduction des adolescentes, a bénéficié d’une plus grande attention’
Un nombre croissant de pays ont adopté des lois visant à interdire la mutilation génitale des petites filles et à imposer de plus lourdes peines aux personnes impliquées dans des sévices sexuels, le trafic et toutes les autres formes d’exploitation des petites filles, y compris à des fins commerciales’ Des progrès ont été accomplis récemment avec l’adoption, par l’Assemblée générale à sa cinquante quatrième session, des protocoles facultatifs se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, qui concernent l’implication d’enfants dans les conflits armés12 et la vente d’enfants, la prostitution d’enfants et la pornographie impliquant des enfants13.
33. Obstacles’
La persistance de la pauvreté, les attitudes discriminatoires à l’égard des femmes et des filles, les attitudes et pratiques culturelles négatives à l’encontre des filles et les stéréotypes négatifs qui leur sont appliqués et qui limitent leur potentiel, la méconnaissance de la situation spécifique des filles, le travail des enfants et la lourde charge des tâches domestiques qui pèse sur les filles, l’insuffisance de l’alimentation et de l’accès aux services de santé et le manque de ressources financières, qui empêche souvent les filles de suivre et d’achever études et formation, sont autant de facteurs qui expliquent que celles-ci n’aient ni l’occasion ni la possibilité de prendre confiance en elles-mêmes et de devenir des adultes indépendantes et autonomes’ La pauvreté, le manque d’appui et de conseils de la part de leurs parents, le manque d’informations et d’instruction, les mauvais traitements et toutes les formes d’exploitation et de violence dont elles sont victimes se traduisent bien souvent par des grossesses non désirées et par la contamination par le VIH, qui à leur tour limitent parfois les possibilités qu’elles pourraient avoir de s’instruire. Les programmes en faveur des fillettes ont été entravés par l’absence ou l’insuffisance de ressources financières et humaines’ Les mécanismes nationaux nécessaires pour appliquer des politiques et programmes en faveur de la fillette sont rares et, dans certains cas, la coordination entre les entités compétentes s’est révélée insuffisante. Bien qu’il y ait de la part des adolescents une plus grande prise de conscience des besoins dans le domaine de la santé, notamment de l’hygiène sexuelle et de la santé en matière de reproduction, cette évolution ne s’est pas encore traduite par l’organisation de l’information et des services voulus’ Les avancées réalisées dans la protection juridique des petites filles sont contrebalancées par l’augmentation des sévices et de l’exploitation sexuels dont elles sont victimes’ Les adolescents continuent d’être privés de l’instruction et des services dont ils auraient besoin pour pouvoir assumer leur sexualité de manière positive et responsable.
III. Problèmes actuels entravant la mise en oeuvre intégrale de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing
34. L’examen et l’évaluation de la suite donnée à la Déclaration et au Programme d’action de Beijing sont intervenus dans un monde en pleine mutation’ Depuis 1995, un certain nombre de questions ont pris une grande importance et acquis de nouvelles dimensions, ce qui pose un surcroît de difficultés pour la mise en oeuvre intégrale et accélérée du Programme d’action pour permettre aux gouvernements, aux organismes intergouvernementaux, aux organisations internationales, au secteur priv é et aux ONG, selon les cas, de parvenir à l’égalité entre les sexes, au développement et à la paix. Pour assurer la mise en oeuvre intégrale du Programme d’action, il faudrait un engagement politique durable en faveur de l’égalité entre les sexes à tous les niveaux.
La mondialisation fait qu’il est plus difficile de tenir les engagements pris et de réaliser les objectifs de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes’ Dans certains pays, la mondialisation a entraîné des changements de politique qui vont dans le sens d’une plus grande libéralisation des échanges commerciaux et des flux financiers, de la privatisation des entreprises publiques et, dans de nombreux cas, d’une réduction des dépenses publiques, en particulier concernant les services sociaux.
Ces changements ont transformé les modes de production et accéléré les avancées technologiques en matière d’information et de communication et modifié la vie des femmes, aussi bien en tant que travailleuses qu’en tant que consommatrices’
Dans un grand nombre de pays, en particulier les pays en développement et les pays les moins avancés, ils ont eu également des conséquences négatives sur la vie des femmes et accru les inégalités’ Leur impact sur la problématique de la parité hommes-femmes n’a pas été systématiquement évalué. La mondialisation a également des effets culturels, politiques et sociaux qui modifient les valeurs culturelles et les modes de vie et de communication et a des incidences sur la réalisation du développement durable. Les dividendes tirés de la croissance de l’économie mondiale sont inégalement répartis, accentuant ainsi les disparités économiques, la féminisation de la pauvreté et l’inégalité entre les sexes, qui se reflètent souvent dans la détérioration des conditions de travail et l’absence de sécurité du milieu de travail, en particulier dans le secteur informel et les zones rurales’ La mondialisation a certes offert de plus grandes possibilités économiques et une plus grande autonomie à certaines femmes, mais elle a marginalisé un grand nombre de femmes en raison de l’accroissement des inégalités entre les pays et à l’intérieur des pays, ce qui les empêche de bénéficier des avantages du processus’ Bien que, dans de nombreux pays, les femmes représentent une proportion plus importante de la main-d’oeuvre, la mise en oeuvre de certaines politiques économiques a eu sur l’emploi des femmes une incidence négative qui n’a pas été compensée par une augmentation des salaires, des promotions et de meilleures conditions de travail’ Bien souvent, les femmes continuent d’exercer des emplois à temps partiel mal rémunérés, caractérisés par la précarité ou par les risques qu’ils présentent pour leur sécurité et leur santé. Dans de nombreux pays, elles continuent d’être parmi les premières à être licenciées et les dernières à être embauchées, en particulier les nouvelles arrivantes sur le marché du travail’
Un comportement responsable et l’égalité entre les sexes sont deux des conditions importantes de la prévention de la maladie. Il faudra aussi adopter des stratégies plus efficaces qui permettent aux femmes d’exercer un contrôle sur les questions liées à leur sexualité, de trancher ces questions librement et de manière responsable et de se protéger des risques et des comportements irresponsables qui sont à l’origine d’infections sexuellement transmissibles, dont le VIH/sida, et qui permettent aussi d’encourager les hommes à se conduire de manière responsable, sûre et respectueuse et de promouvoir l’égalité entre les sexes’ Le VIH/sida est un problème de santé publique d’autant plus urgent que l’on ne parvient pas à l’endiguer et que, dans de nombreux pays, il inverse des résultats économiques péniblement obtenus’
La charge des soins à dispenser aux personnes qui vivent avec le VIH/sida et aux enfants rendus orphelins par la maladie pèse particulièrement lourd sur les femmes, du fait que les infrastructures sont insuffisantes pour faire face aux problèmes qui se posent. Les femmes infectées par le VIH/sida sont souvent stigmatisées et en butte à la discrimination et victimes d’actes de violence. Les questions concernant la prévention, la transmission du VIH de la mère à l’enfant, l’allaitement, l’information et l’éducation, en particulier des jeunes, la réduction des comportements à haut risque, le recours aux injections intraveineuses par les toxicomanes, les groupes de soutien, les services de conseils et les tests de dépistage volontaires, la notification de la contamination au partenaire ainsi que la fourniture de médicaments essentiels et leur coût élevé n’ont pas fait l’objet d’un examen assez approfondi. On observe dans certains pays des signes positifs dans la lutte contre le VIH/sida indiquant que les jeunes modifient leur comportement, et l’expérience montre que des programmes d’éducation à l’intention des jeunes peuvent les amener à adopter une vue plus positive des relations et de l’égalité entre les sexes, et à différer leur initiation sexuelle et réduire le risque de contamination par des maladies sexuellement transmissibles’
vue de parvenir à l’égalité entre les sexes et sur la nécessité de modifier les rôles stéréotypés et traditionnels qui empêchent les femmes d’exploiter pleinement leur potentiel’ Il faut parvenir à une participation équilibrée des femmes et des hommes au travail rémunéré et non rémunéré. Le fait que le travail non rémunéré des femmes n’est pas reconnu et mesuré en termes quantitatifs et souvent ne figure pas dans la comptabilité nationale signifie que toute la contribution des femmes au développement social et économique demeure sous-estimée et sous-évaluée. Tant que les tâches et les responsabilités ne seront pas suffisamment partagées avec les hommes et qu’au travail rémunéré s’ajouteront les soins à donner, la charge reposant sur les femmes restera beaucoup plus lourde que celle des hommes’
IV. Mesures et initiatives prises pour surmonter les obstacles qui s’opposent à l’application complète et rapide de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing
A. Mesures à prendre à l’échelon national
Par les gouvernements
Envisager de mettre en place un mécanisme de coordination comme un rapporteur national ou un organisme interinstitutions, avec la participation de la soci été civile, notamment les ONG, qui serait chargée d’encourager l’échange d’informations et de faire rapport sur les données, les causes profondes, les facteurs et les tendances de la violence contre les femmes, en particulier la traite; e) Offrir une protection et un appui aux femmes et à leurs familles, élaborer des politiques visant à renforcer la sécurité familiale et renforcer celles qui existent.
a) Envisager, selon que de besoin, d’intégrer dans le droit national des dispositions conformes à la Convention sur la diversité biologique14 et tendant à protéger le savoir, les innovations et les pratiques des femmes autochtones et des communautés locales en matière de médecine traditionnelle, de diversité biologique et de techniques locales; b) Adapter les politiques et les règles environnementales et agricoles, de manière à y incorporer une perspective soucieuse d’équité entre les sexes, et, en collaboration avec la société civile, aider les agriculteurs, notamment les agricultrices et les femmes vivant dans les zones rurales, sous forme de programmes d’enseignement et de formation’
72. a) Adopter des politiques et appliquer des mesures visant à régler, selon l’ordre de priorité, les aspects sexospécifiques des problèmes de santé nouveaux et anciens, comme le paludisme, la tuberculose, le VIH/sida et les autres maladies qui ont un impact disproportionné sur la santé des femmes, notamment ceux de ces aspects qui entraînent des taux de mortalité et de morbidité très élevés; b) Faire en sorte que la réduction des taux de mortalité et de morbidité maternelles soit considérée comme une priorité par le secteur de la santé et que les femmes aient accès à des soins obstétriques de base et à des services de santé maternelle dotés de matériel et de personnel adaptés, bénéficient des services de personnel compétent lors d’un accouchement, aient accès à des soins obstétriques d’urgence, soient orientées et transférées vers des unités appropriées en cas d’urgence, et bénéficient de soins post-partum et de services de planification familiale afin de promouvoir la maternité sans risques et donner la priorité à la prévention, au dépistage et au traitement des cancers du sein, du col de l’utérus et de l’ovaire, de l’ostéoporose et des maladies sexuellement transmissibles y compris le sida; c) Prendre des mesures pour répondre aux besoins non satisfaits de services de planification familiale de qualité et de contraception, compte tenu notamment des carences existant dans les services, les fournitures et l’utilisation de ces moyens; d) Collecter et diffuser des données récentes et fiables sur la mortalité et la morbidité des femmes et approfondir les recherches sur la façon dont les facteurs sociaux et économiques agissent sur la santé des filles et des femmes de tous âges ainsi que sur la prestation de services de santé aux filles et aux femmes et les modes d’utilisation de ces services, de même que sur l’importance que les programmes de prévention des maladies et de promotion de la santé revêtent pour les femmes; e) Faire en sorte que toutes les femmes aient accès tout au long de leur vie, sur un pied d’égalité avec les hommes, à des services sociaux, y compris les soins de santé, l’éducation, l’eau potable et l’assainissement, la nutrition, la sécurité alimentaire et les programmes d’éducation sanitaire; f) Assurer la sécurité des conditions de travail des soignantes; g) Adopter, promulguer, examiner et réviser, si nécessaire ou s’il y a lieu, et appliquer la législation, les politiques et les programmes de santé publique en consultation avec les organisations de femmes et d’autres acteurs de la société civile, et allouer les ressources budgétaires nécessaires pour atteindre le niveau le plus élevé possible de santé physique et mentale, de façon que toutes les femmes aient un accès complet et égal à des soins, des informations, une éducation et des services de santé complets, de haute qualité et d’un coût abordable durant toute leur vie; mieux prendre en compte les nouveaux besoins des femmes et des filles en matière de services et de soins créés par la pandémie de VIH/sida ainsi que les connaissances nouvelles concernant les programmes spécifiques de santé mentale et d’hygiène du travail liés au vieillissement qu’il importe d’offrir aux femmes; défendre et promouvoir les droits fondamentaux en faisant en sorte que tout le personnel soignant observe des normes éthiques, professionnelles et soient sensibles à la question de la parité dans la fourniture des services de santé aux femmes, y compris en établissant ou en renforçant, au besoin, des mécanismes réglementaires et coercitifs; h) Éliminer la discrimination à l’égard de toutes les femmes et les filles dans l’accès à l’information et à l’éducation sanitaires et aux soins et services de santé; i) La santé en matière de reproduction est un état de bien-être total, tant physique que mental et social, pour tout ce qui concerne l’appareil génital, ses fonctions et son fonctionnement et non pas seulement l’absence de maladies ou d’infirmités’ Elle suppose le droit de mener une vie sexuelle satisfaisante en toute sécurité, et la liberté et la possibilité de décider si et quand on veut avoir des enfants’
Cela implique qu’hommes et femmes ont le droit d’être informés sur les méthodes sûres, efficaces, abordables et acceptables de planification familiale et d’utiliser celle qui leur convient ou toute autre méthode de régulation des naissances qui ne soit pas illégale, ainsi que le droit à des services de santé assurant un bon déroulement de la grossesse et de l’accouchement et donnant aux couples toutes les chances d’avoir un enfant en bonne santé. Il faut donc entendre par services de santé en matière de reproduction l’ensemble des méthodes, techniques et services qui contribuent à la santé et au bien-être génésiques en prévenant et résolvant les problèmes qui peuvent se poser. Cette notion englobe la santé en matière de sexualité, c’est-à-dire que les conseils et les soins ne doivent pas être limités au seul domaine de la procréation et des maladies sexuellement transmissibles, mais doivent aussi aider à améliorer la qualité de la vie et les relations interpersonnelles; j) En ce sens, les droits en matière de reproduction correspondent à certains droits de l’homme déjà consacrés dans des législations nationales, dans des instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme et dans d’autres textes des Nations Unies adoptés par consensus’ Ces droits reposent sur la reconnaissance du droit fondamental de tous les couples et de toutes les personnes de décider librement et de façon responsable du nombre de leurs enfants et de l’espacement des naissances et d’être informés des moyens de le faire, ainsi que du droit au meilleur état possible de santé en matière de sexualité et de reproduction’ Ils reposent aussi sur le droit de prendre des décisions en matière de reproduction sans être en butte à la discrimination, à la contrainte ou à la violence, conformément aux textes relatifs aux droits de l’homme. Dans l’exercice de ce droit, il importe que les couples et les individus tiennent compte des besoins de leurs enfants présents et à venir et de leurs propres responsabilités envers la société. Les politiques et programmes publics, nationaux ou locaux, de santé en matière de reproduction, notamment de planification familiale, doivent avoir pour objectif essentiel de promouvoir l’exercice responsable de ces droits’ Ils doivent aussi favoriser des relations de respect mutuel et d’égalité entre les sexes, et particulièrement fournir aux adolescents l’éducation et les services nécessaires pour qu’ils apprennent à assumer leur sexualité dans un esprit positif et responsable. Nombreux sont ceux qui ne peuvent jouir d’une véritable santé en matière de reproduction pour des raisons diverses : défaut d’éducation sexuelle; insuffisance qualitative ou quantitative des services et de l’information; comportements sexuels à risque; pratiques sociales discriminatoires; préjugés contre les femmes et les filles; limitation du droit des femmes de prendre librement leurs décisions en matière de sexualité et de fécondité. Faute d’information et de services satisfaisants, les adolescents sont, dans la plupart des pays, particulièrement vulnérables’
Les personnes âgées des deux sexes ont, dans le domaine de la santé en matière de reproduction et de sexualité, des besoins spécifiques qui, souvent, ne sont pas satisfaits d’une manière adéquate; k) Les droits fondamentaux des femmes comprennent le droit d’être maîtresses de leur sexualité, y compris leur santé en matière de sexualité et de reproduction, sans aucune contrainte, discrimination ou violence, et de prendre librement et de manière responsable des décisions dans ce domaine. L’égalité entre les femmes et les hommes en ce qui concerne la sexualité et la procréation, y compris le respect total de l’intégrité de la personne, exige le respect mutuel, le consentement et le partage de la responsabilité des comportements sexuels et de leurs conséquences; l) Concevoir et appliquer des programmes tendant à encourager les hommes à adopter un comportement sexuel et procréateur sûr et responsable, et à utiliser effectivement des méthodes de prévention des grossesses non désirées et des infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/sida; m) Prendre toutes les mesures appropriées pour éliminer les interventions médicales néfastes, inutiles ou coercitives, ainsi que la médication inappropriée et la surmédication des femmes et veiller à ce que toutes les femmes soient correctement informées, par un personnel qualifié, des options qui s’offrent à elles, notamment de leurs avantages probables et de leurs effets secondaires possibles; n) Adopter des mesures pour que les personnes atteintes du VIH/sida et d’infections sexuellement transmissibles, y compris les femmes et les jeunes, ne soient pas victimes de discrimination et que leur vie privée soit respectée, de sorte qu’elles puissent avoir accès aux informations les empêchant de transmettre leur maladie et bénéficier de traitements et de soins de santé, sans crainte d’être stigmatisées, victimes de discrimination ou de violence; o) Compte tenu du paragraphe 8.25 du Programme d’action de la Conférence internationale sur la population et le développement aux termes duquel : « L’avortement ne devrait, en aucun cas, être promu en tant que méthode de planification familiale. Tous les gouvernements et les organisations intergouvernementales et non gouvernementales intéressées sont vivement invités à renforcer leur engagement en faveur de la santé des femmes, à traiter les conséquences des avortements pratiqués dans de mauvaises conditions de sécurit é20 en tant que problème majeur de santé publique et à réduire le recours à l’avortement en étendant et en améliorant les services de planification familiale.
La plus haute priorité doit toujours être accordée à la prévention des grossesses non désirées et tout devrait être fait pour éliminer la nécessité de recourir à l’avortement. Les femmes qui ont des grossesses non désirées devraient avoir facilement accès à une information fiable et à des conseils empreints de compréhension’ Toute mesure ou toute modification relative à l’avortement au sein du système de santé ne peuvent être arrêtées qu’à l’échelon national ou local, conformément aux procédures législatives nationales’
Dans les cas où il n’est pas interdit par la loi, l’avortement devrait être pratiqué dans de bonnes conditions de sécurité. Dans tous les cas, les femmes devraient avoir accès à des services de qualité pour remédier aux complications découlant d’un avortement. Après un avortement, des services de conseil, d’éducation et de planification familiale devraient être offerts rapidement, ce qui contribuera également à éviter des avortements répétés’
envisager de réviser les lois qui prévoient des sanctions contre les femmes en cas d’avortement illégal; p) Adopter des stratégies préventives générales de lutte contre le tabagisme tout particulièrement adaptées aux femmes, en particulier aux adolescentes et aux femmes enceintes, qui comprennent notamment des services et des programmes d’éducation, de prévention et de désintoxication et améliorer celles qui existent, et faire en sorte que les personnes soient moins exposées à la fumée du tabac et appuyer l’application de la Convention-cadre internationale pour la lutte antitabac de l’OMS; q) Promouvoir ou améliorer les programmes d’information et les mesures tendant à enrayer l’augmentation de la toxicomanie chez les femmes et les filles adolescentes, y compris par des campagnes d’information sur les risques pour la santé et les autres conséquences de l’abus de substances toxiques et son impact sur les familles’
73. a) Introduire une perspective sexospécifique dans les principales politiques de développement économique et social et les programmes de développement national; b) Incorporer une perspective sexospécifique dans la conception, l’élaboration, l’adoption et l’exécution de tous les processus budgétaires, si nécessaire, afin d’assurer une répartition équitable, efficace et adéquate des ressources et allouer suffisamment de ressources pour promouvoir l’égalité entre les sexes et les programmes de développement qui rendent les femmes plus autonomes et permettent de concevoir les outils et mécanismes méthodologiques et analytiques nécessaires pour le suivi et l’évaluation; c) Accroître, si nécessaire, et utiliser efficacement, les ressources financières et autres dans le secteur social, en particulier dans l’éducation et la santé, afin de parvenir à l’égalité entre les sexes et à l’autonomie des femmes en tant que principale stratégie pour faciliter le développement et l’élimination de la pauvreté; d) S’efforcer de réduire la proportion très élevée de femmes vivant dans la pauvreté, en particulier les femmes rurales, en appliquant des programmes nationaux d’élimination de la pauvreté comprenant comme éléments essentiels une perspective n0054662.doc 37 A/S-23/10/Rev.1 sexospécifique et l’autonomie des femmes, y compris les objectifs à court et à long terme; 74. a) Mettre en oeuvre des politiques socioéconomiques qui encouragent le développement durable et appuient et garantissent les programmes d’élimination de la pauvreté, en particulier pour les femmes, notamment en offrant une formation professionnelle, un accès égal aux ressources, aux finances, au crédit, y compris au microcr édit, à l’information et à la technologie, la possibilité d’exercer un contrôle sur ces moyens et un accès égal aux marchés, qui puissent bénéficier aux femmes de tous âges, en particulier à celles qui vivent dans la pauvreté, aux femmes marginalisées, y compris aux femmes rurales, aux femmes autochtones et aux femmes chefs de ménage; b) Créer des régimes de protection sociale et assurer l’égalité d’accès à ces régimes, en tenant compte des besoins spécifiques de toutes les femmes vivant dans la pauvreté, des changements démographiques et de l’évolution de la société, afin d’offrir des filets de sécurité contre les incertitudes et l’évolution des conditions de travail liées à la mondialisation et de s’attacher à faire en sorte que les nouvelles formes non traditionnelles de travail n’offrent pas des conditions inférieures à la normale en termes de protection sociale; c) Poursuivre l’étude, l’adaptation et la mise en oeuvre de politiques et programmes macroéconomiques et sociaux, entre autres, en les analysant d’un point de vue sexospécifique, ceux qui ont trait à l’ajustement structurel et au problème de la dette extérieure, afin de garantir l’égalité d’accès des femmes aux ressources et l’accès de tous aux services sociaux de base.
B. Nouvelles mesures qui doivent être prises au niveau national
Par les gouvernements, le secteur privé, les organisations non gouvernementales et d’autres acteurs de la société civile
l’état nutritionnel des filles et des femmes en reconnaissant les effets d’une malnutrition grave ou modérée, tout au long du cycle de la vie et le lien entre la santé de la mère et celle de l’enfant, en favorisant et en renforçant les programmes visant à réduire la malnutrition comme les programmes de repas scolaires, les programmes nutritionnels destinés à la mère et l’enfant, et les programmes de supplémentation d’oligo-éléments pour éliminer les disparités qui existent à cet égard entre les sexes; e) Examiner, avec la pleine participation des femmes, les initiatives de réforme du secteur sanitaire et surveiller leur impact sur la santé des femmes et l’exercice par les femmes de leurs droits fondamentaux, en particulier en ce qui concerne la prestation de soins de santé aux femmes pauvres en milieux rural et urbain, et veiller à ce que les réformes permettent à toutes les femmes de bénéficier pleinement et sur un pied d’égalité de soins et services de santé de qualité et d’un coût raisonnable, compte tenu de la diversité de leurs besoins; f) Élaborer et exécuter, avec l’entière participation des jeunes, s’il y a lieu, des programmes d’éducation et d’information et des programmes leur offrant des services appropriés, spécifiques, commodes et accessibles, sans discrimination, qui répondent efficacement à leurs besoins dans le domaine de la santé en matière de reproduction et de sexualité, en tenant compte de leurs droits à la protection de leur vie privée, à la confidentialité, au respect et au consentement informé, et des responsabilit és, droits et devoirs des parents et tuteurs, pour ce qui est de donner, de façon compatible avec les capacités évolutives de l’enfant, des conseils et des directives appropriés dans l’exercice, par l’enfant, des droits reconnus par la Convention sur les droits de l’enfant15 et en conformité avec la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et assurant que, dans toutes les actions envisagées en ce qui concerne les enfants, la considération première est bien l’intérêt bien compris de l’enfant. Ces programmes devraient, notamment, renforcer la confiance que les adolescentes ont en elles-mêmes et les aider à prendre en charge leur propre vie, encourager l’égalité entre les sexes et un comportement sexuel responsable, et bien faire comprendre comment prévenir et traiter les infections sexuellement transmissibles, y compris le VIH/sida, et éviter la violence et les sévices sexuels, et conseiller les adolescents sur les moyens d’éviter les grossesses non désirées et précoces;.
g) Élaborer et exécuter des programmes visant à fournir des services sociaux et à aider les adolescentes enceintes et les mères adolescentes, en particulier pour leur permettre de continuer et d’achever leur éducation; h) Il faut prêter une attention particulière au développement et à l’amélioration de l’accès aux technologies nouvelles et perfectionnées et aux médicaments et traitements sûrs et d’un prix raisonnable pour faire face aux besoins des femmes concernant la santé, notamment les maladies cardiopulmonaires, l’hypertension, l’ostéoporose et les cancers du sein, du col de l’utérus et de l’ovaire, et concernant les méthodes de planification familiale et de contraception pour les femmes et pour les hommes’
C’ Mesures devant être prises au niveau international
Par le système des Nations Unies et les organisations internationales et régionales, selon que de besoin
D’ Mesures à prendre aux niveaux national et international
Par les gouvernements, les organisations régionales et internationales, notamment les organismes des Nations Unies et les institutions financières internationales et les autres acteurs, selon le cas
protection des réfugiés, notamment des femmes et des filles, leur permettre d’avoir accès à des services sociaux de base adaptés et soucieux de l’égalité entre les sexes, y compris l’éducation et les services de santé, et leur fournir de telles prestations’
100. a) Coopérer et collaborer avec les partenaires du secteur privé et les réseaux de médias nationaux et internationaux afin de promouvoir l’égalité d’accès des femmes et des hommes, en tant que producteurs et consommateurs, en particulier dans le domaine des technologies de l’information et de la communication, notamment en encourageant les médias et le secteur de l’information à adopter ou développer, dans le respect de la liberté d’expression, des codes de conduite, des directives professionnelles et autres mesures d’auto réglementation afin d’éliminer les stéréotypes sexistes et de promouvoir la présentation d’une image équilibréedes hommes et des femmes; b) Élaborer des programmes qui encouragent les femmes à créer et promouvoir des réseaux et à y accéder, en faisant appel en particulier aux technologies nouvelles de l’information et de la communication, notamment en créant et en soutenant des programmes visant à renforcer les capacités des organisations féminines non gouvernementales à cet égard; c) Tirer parti des nouvelles technologies de l’information, y compris l’Internet, pour mieux partager, à l’échelle mondiale, l’information, la recherche, les acquis, les enseignements de l’histoire et les expériences des femmes18 ayant trait à la réalisation de l’égalité entre les sexes, du développement et de la paix, et étudier d’autres rôles que ces technologies pourraient jouer dans la poursuite de cet objectif.
101. a) Prendre des mesures efficaces pour répondre aux défis de la mondialisation notamment par une participation accrue et effective des pays en développement dans le choix des politiques économiques internationales, notamment pour garantir l’égale participation des femmes, en particulier celles des pays en développement aux décisions macroéconomiques; b) Prendre, avec la participation intégrale et effective des femmes, des mesures propres à assurer l’adoption de nouvelles méthodes de coopération internationale pour le développement fondées sur la stabilité, la croissance et l’équité, en donnant aux pays en développement la possibilité de participer davantage et plus efficacement et de s’intégrer à une économie en cours de mondialisation, en vue d’éliminer la pauvreté et de réduire les inégalités entre les sexes dans le cadre de l’objectif général d’un développement durable axé sur l’être humain;
c) Concevoir et renforcer, avec la pleine et effective participation des femmes, des stratégies d’élimination de la pauvreté qui permettent de réduire la paupérisation des femmes et d’accroître leur capacité de contrer les incidences sociales et économiques négatives de la mondialisation; d) Redoubler d’efforts pour appliquer les programmes d’élimination de la pauvreté et évaluer, avec la participation des femmes, dans quelles mesures ces programmes ont un impact sur l’autonomisation des femmes pauvres, s’agissant de l’accès à une formation et une éducation de qualité ainsi qu’à des soins de santé physique et mentale de qualité, à l’emploi, à des services sociaux de base, à l’héritage et l’accès et au contrôle de la terre, du logement, du revenu, du micro crédit et autres instruments et services financiers, et les améliorer en conséquence; e) En tenant compte des liens qui se renforcent mutuellement entre l’égalité entre les sexes et l’élimination de la pauvreté, élaborer et appliquer, s’il y a lieu, en consultation avec la société civile, des stratégies sexospécifiques globales d’élimination de la pauvreté qui permettent de résoudre les questions sociales structurelles et macroéconomiques; f) Encourager, en association avec des institutions financières privées, s’il y a lieu, la création de formules de crédit et de services financiers accessibles qui soient assortis de procédures simplifiées et, spécifiquement conçus pour répondre aux besoins des femmes en matière d’épargne, de crédit et d’assurance; g) Prendre les trains de mesures nécessaires pour assurer et appuyer la fourniture d’une formation professionnelle de qualité aux femmes et aux filles à tous les niveaux, sur la base de stratégies adoptées avec leur pleine et effective participation, en vue d’atteindre les objectifs convenus en matière d’élimination de la pauvreté, en particulier chez les femmes par une action nationale, régionale et internationale.
Les initiatives nationales devront s’accompagner d’un renforcement de la coopération régionale et internationale qui permette de s’attaquer aux risques, de surmonter les problèmes, et de veiller à ce que les femmes, en particulier celles des pays en développement, profitent des possibilités créées par la mondialisation; h) Créer, avec la pleine et entière participation des femmes et en consultation avec la société civile, en particulier les ONG, en temps voulu et s’il y a lieu, des fonds pour le développement social, afin d’atténuer les effets négatifs qu’ont sur les femmes les programmes d’ajustement structurel et la libéralisation des échanges commerciaux et d’alléger le fardeau disproportionné qui pèse sur les femmes qui vivent dans la pauvreté; i) Identifier et apporter des solutions propices au développement et durables, qui intègrent une perspective sexospécifique aux problèmes de la dette extérieure et du service de la dette des pays en développement, y compris les pays les moins avancés, grâce notamment à des mesures d’allègement de la dette, incluant l’option d’une annulation de la dette au titre de l’APD, afin de les aider à financer des programmes et des projets visant le développement et incluant la promotion de la femme; j) Appuyer l’initiative de Cologne en faveur de l’allègement de la dette, et notamment l’Initiative en faveur des pays pauvres très endettés, veiller à fournir des fonds suffisants pour son application, et appliquer la disposition selon laquelle l’argent économisé devrait être investi dans des programmes de lutte contre la pauvret é soucieux de parité hommes-femmes; k) Promouvoir et accélérer la mise en oeuvre de l’Initiative 20/20, qui s’inscrit dans une perspective sexospécifique, afin que tous, particulièrement les femmes et les filles, en tirent pleinement profit; l) Demander que soit maintenue la coopération internationale, notamment en réaffirmant la volonté d’atteindre l’objectif, qui a été convenu à l’échelle internationale mais qui n’a pas encore été atteint, consistant à ce que les pays développés consacrent 0,7 % de leur produit national brut (PNB) à l’aide publique au développement, et cela dès que possible, ce qui accroîtra les apports de fonds destinés à la lutte pour l’égalité des sexes, le développement et la paix; m) Faciliter le transfert vers les pays en développement et les pays en transition des technologies dont ceuxci ont besoin, en particulier des technologies nouvelles et modernes, et pousser la communauté internationale à agir pour supprimer les obstacles auxquels se heurtent ces transferts, ce qui est un bon moyen d’accélérer le mouvement vers la réalisation des objectifs de l’égalité des sexes, du développement et de la paix; n) Demander au Comité préparatoire de l’Assemblée du Millénaire de s’efforcer, dans l’esprit de l’intégration d’une démarche soucieuse de l’égalité des sexes, d’intégrer cette démarche dans toutes les activités et dans tous les documents de l’Assemblée et du Sommet du Millénaire, y compris l’examen du problème de l’élimination de la pauvreté; o) Créer un environnement propice pour mettre au point et appliquer des politiques propres à promouvoir et protéger la jouissance de tous les droits de l’homme, civils, culturels, économiques, politiques et sociaux, y compris le droit au développement et des libertés fondamentales, dans le cadre des efforts visant à promouvoir l’égalité entre les sexes, le développement et la paix.
102. a) Créer et renforcer des conditions conformes aux lois nationales et de nature à soutenir la capacité des organisations non gouvernementales de femmes de mobiliser des ressources pour assurer la durabilité de leurs activités de développement; b) Encourager l’établissement et le renforcement des partenariats rassemblant les différentes parties prenantes à tous les niveaux parmi les organisations internationales et intergouvernementales, et faisant intervenir les acteurs de la société civile, y compris les ONG, le secteur privé et les syndicats, les organisations de femmes et les autres associations, les moyens de communication et les médias, afin d’aller dans le sens des objectifs de la quatrième Conférence mondiale sur les femmes; c) Prendre d’autres mesures concrètes pour éliminer les obstacles qui s’opposent à la réalisation des droits des peuples à l’autodétermination, en particulier des peuples sous occupation coloniale ou étrangère, et qui nuisent à leur développement socioéconomique; d) Reconnaître le rôle crucial joué par les organisations non gouvernementales de femmes dans la mise en oeuvre d’Action 21, en intégrant la problématique de la parité hommes-femmes dans la conception et le fonctionnement des mécanismes, programmes et équipements de gestion durable de l’environnement et des ressources’
103. a) Promouvoir des programmes axés sur la santé et la vitalité des personnes âgées, qui mettent l’accent sur l’indépendance, l’égalité, la participation et la sécurit é des femmes âgées et donnent lieu à des recherches et à des programmes sexosp écifiques qui puissent répondre àleurs besoins; b) À titre prioritaire, en particulier dans les pays les plus touchés, et en coop ération étroite avec les ONG, dans la mesure du possible, renforcer l’éducation, les services et les stratégies de mobilisation à l’échelle des communautés aux fins de la protection des femmes de tous âges contre l’infection par le VIH et les autres maladies sexuellement transmissibles, notamment grâce à des méthodes sûres, abordables, efficaces et aisément accessibles que les femmes puissent utiliser quand elles le souhaitent, telles que les microbicides et les préservatifs féminins qui protègent contre les maladies sexuellement transmissibles et le VIH/sida, à des tests volontaires et confidentiels de dépistage du VIH et à la prestation de conseils, en encourageant un comportement sexuel responsable, y compris l’abstinence et l’utilisation de préservatifs, et à la mise au point de vaccins, de méthodes simples et peu coûteuses de diagnostic, et de traitements à dose unique pour les maladies sexuellement transmissibles; c) Permettre aux personnes contaminées par des maladies sexuellement transmissibles telles que l’infection au VIH ou vivant avec des maladies pouvant être mortelles comme le sida et d’autres infections opportunistes qui y sont associ ées comme la tuberculose, de bénéficier d’un traitement et de soins adéquats et d’un coût abordable et d’autres prestations; offrir d’autres services, y compris un logement décent et une protection sociale aux femmes enceintes et allaitantes; aider les garçons et les filles rendus orphelins par la pandémie de sida; et offrir une aide, sensible aux sexospécificités, aux femmes et autres membres de la famille qui soignent des personnes affectées par des maladies graves, notamment le sida; d) Prendre rapidement des mesures efficaces en vue de sensibiliser l’opinion publique internationale et nationale concernant l’incidence sur les femmes et les filles du problème mondial de la drogue sous ses différents aspects et veiller à mobiliser les ressources nécessaires à cet effet.
104. Encourager les gouvernements et les ONG à coopérer à la mise en oeuvre des engagements pris à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes et lors d’autres conférences mondiales et réunions au sommet organisées par les Nations Unies, afin de promouvoir l’égalité entre les sexes, le développement et la paix au XXIe siècle.
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Assemblée Nationale du Mali |